Abonnez vous au flux RSS de l’Evolution biologique

l'actualité
publié le : 12/06/2017
  

Mécanismes de l'évolution

En Angleterre, au début du XIX ème siècle, un petit Papillon, la Phalène du Bouleau, vivait dans les campagnes et se posait sur le tronc des Bouleaux. Ses ailes claires tachetées de noir s'harmonisaient avec la teinte des Lichens qui croissaient sur les arbres. Une forme noire existait mais elle était très rare. Elle fut signalée pour la première fois en 1848 dans la région de Manchester.

biston betularia Forme claire et forme sombre sur un tronc noirci

Forme claire (en bas) et forme sombre (en haut) sur un tronc noirci.

Tandis que la forme claire persistait dans les campagnes la forme noire prenait de l'importance dans les zones industrialisées. On la trouvait sur les troncs noircis par la fumée. Vers 1895, 98% des individus étaient de forme mélanique dans les régions industrialisées. Des expériences ont montré qu'il s'agissait d'une mutation et que les oiseaux se guidant principalement à la vue consomment beaucoup plus de papillons noirs sur fond clair et de papillons clairs sur fond sombre. Ils ont donc éliminé les papillons les plus visibles. C'est la sélection naturelle.

Le changement du milieu (ici le noircissement des troncs) a provoqué  la modification de l'espèce par intermédiaire de la sélection naturelle. Mais la sélection agit de la même manière dans les deux situations (troncs clairs, troncs sombres) elle élimine les individus les plus visibles, on dit les moins aptes, et favorise donc les individus les moins visibles.

Cet exemple simple permet de bien mettre en évidence le moteur de l'évolution : le changement du milieu, la sélection naturelle étant sa courroie de transmission. Il montre également que l'espèce doit disposer d'une certaine réserve de diversité dans son information génétique  (ailes noires ou ailes blanches) pour se maintenir dans un milieu changeant. La sélection naturelle est responsable de l'adaptation. Elle permet de comprendre comment les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques et les moustiques résistants aux insecticides.

Mais tout n'est pas sélection et adaptation. Au niveau moléculaire une partie de la chaine d'acides aminés d'une protéine n'est pas nécessaire à son fonctionnement. Dans une enzyme, par exemple, seule la séquence des acides aminés constituant son site actif détermine son activité. Les mutations à l'extérieur de cette portion ne seront pas soumises à la sélection naturelle puisqu'elles ne modifient pas le phénotype, ce sont des mutations neutres. Elles permettent d'établir les phylogénies moléculaires et sont à la base de l'horloge moléculaire. La conservation de ces mutations est due au hasard et se produit dans les populations à faible effectif grâce au phénomène de la dérive génétique.

Ces mécanismes modifient les espèces existantes mais n'expliquent pas la formation de nouvelles espèces. Pour la comprendre, il faut définir l'espèce et suivre le devenir des sous-unités qui la constituent c'est à dire les populations. Les nouvelles espèces se forment à partir des populations d'une espèce antérieure. Les populations accèdent au rang d'espèces lorsqu'elles s'isolent génétiquement.

Informations sur la page
créée le : 10-09-2013     modifiée le : 07-10-2015     visites depuis le 31/10/2015
haut de page